Bibidi: les origines du mal

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L'inconnu


La pénombre dominait l’horizon. On ne percevait presque rien à travers ce paysage sombre, comme si les ténèbres étaient venues s’y installer.  Le ciel était de couleur violacé, et des éclairs côtoyant les nuages se faisaient un plaisir de le fendre, ce ciel lourd et instable. On pouvait néanmoins distinguer un relief montagneux et très abimé. Une sorte d’arche baignant ses pieds dans un océan infini.
 
Quelqu’un scrutait l’extérieur à travers une ouverture visible sur une de ces montagnes, grise et ternie. L’individu était de petite taille, on avait l’impression qu’une petite souris venait de sortir de sa cachette. Mais le bonhomme était beaucoup moins mignon. De petite taille, c'est-à-dire avoisinant le mètre, pas plus, il était vêtu d’une sorte de cape orange, partant d’au dessus de sa tête, et touchant presque le sol. Une tunique bleu foncée recouvrait son corps ainsi que son cou qu’on ne distinguait pas. Sa tête était ornée d’un couvre chef bleu marine proche du noir, de la forme d’un bol, rendant sa tête bien ronde. La lettre M était inscrite devant, en blanc, d’un style d’écriture ressemblant à de la calligraphie. Son visage, d’une couleur verdâtre peu joviale, était constitué d’antennes, une de chaque côté de sa bouche, qui partaient vers le bas. Le reste de son visage n’était pas très charmant. Ses deux yeux globuleux ressortaient énormément, étant donné que la partie de ce visage qui n’était pas caché par son espèce de bonnet était plutôt aplati. En réalité, son front et ses oreilles étaient camouflés, l’un par le fameux bonnet, les deux autres par la cape qui formait des plis. Entre ses yeux, un nez plutôt discret par rapport aux globes oculaires venait compléter tout cela. Et enfin, un léger sourire venait rendre l’ensemble moins horrible.
L’individu se tenait droit, ses petits bras verts cachés dans le dos. De profil, on remarquait une bosse au niveau du ventre, avec une épaisse ceinture noire accompagnée d’un imposant bouton jaune en guise d’ouverture et de fermeture. Sa tunique tombante laissait apparaitre de petites chaussures grises, qui n’avaient rien de particulier. Pour le moment, il ne disait rien, et se contentait de sourire gentiment, comme si il attendait quelque chose.
Il resta quelques minutes à scruter l’horizon, puis se retourna vers l’obscurité, jusqu’à ne plus rien voir de sa petite personne.
Le bonhomme vert qui n’avait rien du tout d’humain marchait tranquillement dans ce couloir rocheux quasiment dépourvu de lumière. Il s’arrêta, et face à lui une porte massive était fermée. Malgré le manque de luminosité, elle semblait lisse et lustrée. Faite d’un métal noir élégant, elle mesurait environ deux mètres de hauteur, sur un peu plus d’un mètre de largeur. Elle s’ouvra, sous la pression de ses mains.
Curieusement, l’intérieur n’avait rien d’une caverne. On ne voyait plus de roches autour de ce qui semblait être la demeure de cette étrange personne. Les murs étaient faits de la même matière que la porte. Pourtant, le tout se situait à l’intérieur d’une montagne, bien conservé à l’abri d’éventuels regards indiscrets. La grande salle principale où notre personnage se trouvait n’était pas bien remplie. A vrai dire, il y avait plusieurs tables, avec un grand nombre de livres posés aléatoirement dessus, et complètement désordonnés. A côté d’une de ces tables, une étagère presque vide était disposée. Il alla directement vers cette étagère, et attrapa un cahier poussiéreux sur la deuxième étagère, la dernière qui n’était pas trop grande pour lui. Il fit tomber au passage quelques autres cahiers, quand soudain il prononça quelques mots : « Pff, l’heure n’est pas au rangement. Je vais avoir beaucoup de travail ces prochaines ... ». Il eut un moment d’hésitation et reprit : « ces prochaines années je présume, voire plus. »
Il se posa à la table la plus proche en prenant une chaise, fabriquée d’un vieux bois grinçant, tout comme la présente table. Il fit un peu de place pour y poser son cahier, puis l’ouvra. Le cahier était vierge, mais le papier était jauni. A sa droite se trouvait un pot rempli d’une substance noire et graisseuse. L’inconnu y plongea son doigt, muni d’un ongle également noir, pointu et long, le posa sur la première page, laissant quelques gouttes couler au passage, et se concentra. Pendant la rédaction de ce paragraphe, l’ongle de Bibidi brillait étrangement d’un rose fluorescent. En effet, en touchant la feuille imprégnée de ce liquide, la magie s’activait. En exerçant une simple pression sur le papier, Bibidi n’avait plus qu’à penser à ce qu’il voulait inscrire et cela se faisait automatiquement. Une sorte de potion magique bien efficace, permet de retranscrire ses pensées sans effort et avec une rapidité impressionnante désormais expliquée. Une fois le texte achevé, les caractères redevinrent noirs.
En quelques secondes, les mots suivants étaient lisibles.
 
« Jour zéro, étape de fabrication.
 
Ce soir même, après avoir rassemblé les composants et ingrédients nécessaires, je vais commencer la fabrication de ce qu’on appellera dans le futur, la créature la plus puissante que l’univers ait jamais connu. Je laisserai une trace écrite chaque jour dans ce cahier qui fera office de rapport. Il servira également de point de retour en cas d’évènement imprévu.
 
Bibidi, Madôshi »
A présent, son nom était connu : Bibidi. Une dénomination à tendance humoristique, bien que le court texte qu’il venait d’écrire laissait penser le contraire. 







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