Cold Family's Chronicles - Tome II

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Stygis


« Les conflits ouverts entre l’Empire et une autre force militaire étaient extrêmement rares. En grande partie parce qu’il n’existait que très peu de force capable de s’opposer à une armée aussi fournie en homme et en matériel. L’armée du Grand Cold rassemblait des êtres de tous les mondes connus, avec la technologie qui leur correspondait. C’est pourquoi, rares étaient ceux qui tentaient de s’y opposer trop longtemps. Mais il a toujours existé des fous et il en existerait toujours.
Les saiyens en faisaient partis. Ils étaient de ces peuples qui, parce que la nature leur avait octroyé une grande force, se croyaient à même d’affronter les maîtres de l’Univers en personne. Une grossière erreur, évidemment. Mais ce n’était donc pas étonnant d’en retrouver un à la tête de la dernière armée rebelle que nous affrontions. Ce qui était étonnant en revanche, c’était qu’ils aient tenus aussi longtemps. Parce qu’il fallait l’admettre : si les Saiyens étaient réputés pour leur force, ils ne l’étaient pas pour leur sens aigus de leur stratégie. S’ils se transformaient en singe à la Pleine Lune, ce n’était pas pour rien. Et pourtant ; voilà déjà cinq ans qu’ils étaient arrivés. Cinq ans que le dernier survivant avait lancé sur nous sa bête légendaire. Cinq ans que le Seigneur Freezer avait donné sa vie pour nous sauver.
L’attaque avait été comme un coup de tonnerre dans les rangs impériaux, beaucoup de grandes figures avaient péries des mains du Singe de Légende. Pire encore : le Saiyen et son armée avait réussi à s’enfuir. On avait mis longtemps à retrouver sa trace, aux confins de l’univers connus. Et c’était moi qui avais été choisi pour le traquer. En un instant, je me retrouvais bombardé général, un poste que je n’avais jamais occupé dans cette armée. J’avais, heureusement, vite pris mes marques et entamais une longue série de conquêtes et de batailles.
Cette zone oubliée regorgeait de planète qu’on avait longtemps crue vide et inhospitalière. Et elles l’étaient sûrement jusqu’à ce que ce Saiyen ne s’y installe, préparant longuement sa vengeance. Il avait fallu l’en déloger, son armée avait bien mieux résisté que nous ne l’imaginions au premier abord. Il nous avait fallu des renforts, beaucoup de renforts. Et plus nous avancions, plus notre ennemi reculait.
Le bon côté de la chose, c’est que les conquêtes étaient nombreuses à cette période, chaque nouvelle planète qui tombait était annexé à l’immense Empire de Cold. Jusqu’à ce que le Saiyen et les restes de son armée ne décident de s’enfuir au-delà des limites qu’ils avaient eux-mêmes tracés. Les expéditions de ce genre étaient normalement lancées avec beaucoup de prudence, même par les armées de Cold, parce qu’on ne savait jamais sur quoi tomber. Mais cette fois-ci, nous y étions allé sans réfléchir, simplement désireux de retrouver ce Paragus et de lui faire payer ce qu’il avait fait. Le voyage dura plusieurs semaines, jusqu’à ce que nous tombions enfin sur une planète. La future Cold 256.
Son nom d’origine était Stygis car c’était ainsi que l’appelait les locaux. En effet, elle était habitée, par des êtres fortement humanoïdes. Un peu grand, la peau blafarde parce que leur soleil était une naine bleue, ils avaient du mérite de réussir à survivre sur cette planète. Car elle n’était pas située de manière très idéale : juste à côté d’une ceinture d’astéroïdes. De ce fait, elle était constamment bombardée par des pluies de météorites qui sculptaient un paysage dévasté. Une des grandes questions que je m’étais posée était : comment cette race avait-elle put survivre jusqu’à ce qu’ils inventent des boucliers capable de protéger leur ville de ces pluies. Mais je n’étais pas là pour ça, j’étais là pour traquer et tuer le Saiyen.
Paragus était arrivé ici avant moi. Au grand dam du peuple de Stygis, le Saiyen les avait embobinés, les convainquant de s’engager avec lui contre l’Empire de Freezer. Il avait d’ailleurs eu de la chance de tomber sur un peuple dont la force de combat  était suffisamment forte pour rejoindre son armée. Encore qu’ils étaient beaucoup aidés par leurs armes nouvelles. Pire encore, une fois que nous les eûmes retrouvés, la surprise fut de taille. Les batailles devenaient beaucoup plus difficiles à gagner et notre progression sur la planète se ralentissait à mesure que nous perdions nos hommes. Pour moi, cela ne faisait aucun doute : ce n’était plus Paragus qui manœuvrait les opérations, on avait à faire avec quelqu’un de plus subtile. Et dire que j’aurais pu arranger tout cela, mais les grands chefs voulaient absolument que l’armée gagne seule. Sans faire intervenir les commandos d’élites immédiatement, je me pliais donc aux exigences. Pour le moment.
Les combats reprirent donc, j’élaborais des stratégies beaucoup plus complexes, comprenant vite que je ne faisais pas face à un amateur. Je dois avouer que ce fut beaucoup plus plaisant que les derniers mois passés à affronter Paragus. Nous avions réussis à nous fournir en bouclier ce qui nous évitait de perdre les trois quarts des hommes à chaque pluie de météorites. Et mieux encore, nous avions rétablis la liaison avec le reste de l’Empire. Après avoir transmis nos coordonnées, nous avions demandés des renforts d’urgence. 
Nous avions donc établis notre base face à la dernière grande ville qui osait nous narguer derrière son bouclier. Nous avions subis tellement de pertes que je n’osais plus attaquer de peur de provoquer une défaite définitive. Il ne nous restait plus qu’à attendre que la situation évolue. »
Journal d’un Général. De Palpi, publié en l’an 17 de l’ère de Kalta.
 
-Général Palpi ? Désolé, je ne voulais pas vous déranger.
Le général en question suspendit ses mouvements, ses doigts cessant de pianoter sur son clavier. Rapidement, ses yeux perçants se fixèrent sur le soldat qui venait d’entrer dans son bureau. Son lieutenant. Sans répondre, le gradé baissa les yeux pour lire ce qu’il venait de finir de rédiger. Toujours sans un mot, il reprit son activité l’espace de quelques secondes pour finir son paragraphe avant d’éteindre l’écran holographique qui lui faisait face et de fixer son subordonné. Il lui accordait maintenant toute son attention.
-Ce n’est rien. Que se passe-t-il ?
Palpi n’était pas le genre de Général dont on avait peur mais il n’avait pas besoin de cela, son intelligence et sa capacité à mener les hommes lui permettait d’être respecté instantanément de quasiment tout le monde. Ici, cela ne faisait pas exception.
-Une communication monsieur … Il se pourrait que ce soit le Seigneur Cold.
Le stratège soupira, la difficulté que les données avaient à franchir les zones inconnues de l’espace rendait l’identification quasi-impossible, on ne pouvait pas reprocher au lieutenant de parler au conditionnel. Palpi se leva donc rapidement et contourna lentement son meuble pour se diriger vers la porte devant laquelle stationnait son subordonné.
-Alors, il vaudrait mieux éviter de le faire attendre.
Le soldat acquiesça brutalement et se dépêcha de sortir pour montrer la route à son chef. Aussitôt ce dernier avait-il posé le pied dehors qu’un terrible fracas retentit. Au-dessus des nombreux blocs de métal qui constituait les quartiers des soldats installés autour du vaisseau posé au sol, une météorite gigantesque venait de s’exploser contre le bouclier qu’ils avaient créé. Des débris retombèrent lentement le long des parois, encore fumants.
L’ancien membre de la Main de Freezer étouffa un soupir, il espérait vraiment que ce soit le Seigneur Cold. Et que les nouvelles soient bonnes, peut-être que les renforts arrivaient enfin. La situation était bloquée depuis déjà un mois ici. Et tout le monde était pressé de quitter ce caillou perdu.
 
Les paysages qu’offraient Stygis étaient magnifiques. Les Saiyens n’avaient pas pour habitude de s’extasier de cela mais Paragus était capable de reconnaître une réalité quand il en voyait une. Du haut du palais qui surplombait la ville de Stygia, nom très original pour une capitale, il observait les plaines qui entouraient la cité. Enfin, plaine n’était pas le nom correct à employer. C’était d’immenses étendues de terre sombre, cependant percée de manière irrégulière par de formidables structures cristallines d’un bleu translucide. Le genre de structure qui ne se formait que très rarement et uniquement dans les profondeurs d’une planète. Mais sur cette planète-ci où le sol était constamment raboté par les météorites qui tombaient, elles affleuraient à la surface comme d’immenses montagnes transparentes. Et il fallait l’admettre, c’était très beau.
-La vue vous plaît, monsieur Paragus ?
La voix douce du Président de cette planète tira le Saiyen de sa rêverie. Il secoua la tête pour fixer du regard Monseigneur Zues. C’était à la demande de cette homme qu’il était ici, lui qui s’était juré de ne plus jamais obéir à quiconque. Il n’avait pourtant pas le choix, sous son apparence de vieillard débonnaire, cet homme commandait à toute la race des Stygiens, et Paragus avait besoin de l’aide de cette race pour contenir les hommes de Freezer. De toute façon, il s’agissait d’une alliance, pas de servitude. Les deux hommes avaient tous deux intérêts à coopérer s’ils ne voulaient pas se retrouver sous le joug de Cold.
-C’est une très belle planète que vous avez là, Zues. Répondit le vieux guerrier d’un ton calme.
Sa chaise volante s’éloigna du balcon pour revenir faire face à la table à laquelle l’avait convié le vieil homme. Son regard avisa aussitôt le troisième couvert qui y avait été installé. Ce genre de dîner bourgeois n’était pas vraiment du goût du Saiyen mais si ça pouvait faire plaisir à son nouvel allié.
-Nous attendons encore quelqu’un à ce que je vois.
Le président lissa sa petite barbe blanche alors que ses yeux, qu’il avait blancs comme la plupart de ses concitoyens, se fixèrent sur Paragus. Ce dernier pouvait presque y lire un certain amusement.
-Oui, vous le connaissez d’ailleurs.
Ce disant, ses yeux se dirigèrent vers la porte qui menaient à ce balcon et le Saiyen fit de même. Il serra presque aussitôt les dents quand il reconnut le nouvel arrivant. Celui-ci avança rapidement, avec toute la fougue de la jeunesse, pour saluer son dirigeant et l’invité du jour.
-Général Ades, mais quel plaisir de vous revoir.
-Tout l’honneur est pour moi, monsieur Paragus.
Et dans le ton mielleux du gringalet qui lui faisait face, Paragus sentit tout le mépris du monde. C’était à se demander s’il était le seul à le remarquer. Contrairement à la plupart de ces compatriotes, le général n’était pas bien grand, ne dépassant même pas le Saiyen en taille. Il était toutefois doté de la même peau blafarde et des cheveux blancs. Il semblait bien jeune pour avoir un tel grade, Paragus l’avait même pris pour un adolescent la première fois. En fait, il ne connaissait pas du tout son âge.
-Installez-vous Ades, nous n’avions pas encore commencé.
Remerciant son chef de la tête, le jeune gradé prit place à la table, souriant comme à son habitude. Son regard croisa celui du Saiyen. Ces yeux montraient pourquoi ce type était à ce poste, on pouvait lire une intelligence peu commune derrière ces pupilles inquisitrices. C’est pour cela qu’il avait accepté de confier ses hommes à ce soi-disant fin-stratège quand il était arrivé. Aujourd’hui, il regrettait presque son choix malgré les demi-victoires que cela avait entraîné. Et puis, il y avait une autre particularité : son œil droit était blanc comme ceux de presque tous les habitants de la planète. Mais le gauche brillait d’un bleu glacial.
-Alors, débuta le dirigeant de Stygis pendant que des serveuses posaient les plats au centre de la table, quelles sont les nouvelles, général ? Je suis sûr que monsieur Paragus est aussi pressé que moi de les entendre.
Le Saiyen ne pouvait lui donner tort, depuis son arrivée ici, il avait été tenu à l’écart comme si son grand âge lui interdisait de diriger l’armée. Ils voulaient savoir, il était le premier concerné par toute cette histoire tout de même. Mais le général prit tout son temps pour répondre, observant le plat qu’on avait posé devant lui en souriant. Il se servit généreusement comme le voulait la coutume locale avant d’entamer son discours.
-Nous avons finalement repéré le campement des troupes de Cold. Au nord de la cité, derrière la montagne de cristaux de Rocal. Ils doivent y être stationnés depuis une semaine, si ce n’est plus.
-Alors qu’attendons-nous pour … Commença Paragus.
-Nous ne sommes pas en mesure de les attaquer. L’interrompit calmement le militaire.
Il y eu un moment de silence, ce n’était manifestement pas une bonne nouvelle.
-Mais par chance, eux non plus. Ou en tout cas, ils ont subis trop de pertes pour prendre ce risque. Le fait est cependant, qu’ils finiront par obtenir de l’aide, peut-être même des commandos d’élites puisque vous nous aviez parlé de cela, n’est-ce pas monsieur Paragus ?
Réprimant un grognement, le Saiyen acquiesça, il leur avait fourni tout ce qu’il savait sur les méthodes de l’Empire. Il était d’ailleurs surpris de ne pas avoir reçu la visite de ces fameux commandos, peut-être bien que Broly avait eu le temps de les massacrer tous avant de mourir. Repenser à son fils pinça le cœur du vieux Saiyen qui s’empêcha cependant de le montrer.
-N’y a-t-il pas une chance que nous puissions les vaincre ? Votre génie militaire nous a accordé quelques victoires il y a peu, général Ades. Questionna Zues en indéfectible optimiste.
-L’effet de surprise, monseigneur. Je crains cependant que nous ayons à faire à un être trop peu stupide pour être battu aussi facilement.
Le silence retomba sur la tablée, même le couteau du général qui entamait son plat comme si de rien n’était ne faisait aucun bruit.
-Alors qu’est-ce qu’il nous reste ?
Ades prit le temps de finir sa bouchée, essuyant ses lèvres fines avant de répondre avec tout le calme du monde.
-La fuite, monsieur le président. Nos meilleurs ingénieurs militaires travaillent activement sur des appareils capables de déjouer la surveillance des vaisseaux de Cold stationnés en orbite.
Paragus réprima très difficilement l’envie de frapper brutalement sur la table. Pourquoi avait-il fallu qu’il tombe sur des chiffe-molle pareilles ? Il ne pouvait pas se permettre de fuir éternellement, il faudrait bien qu’un jour il affronte celui qui le pourchassait depuis tout ce temps. Mais pour l’heure, il ne fallait pas s’énerver. Il avait besoin de ces alliés pour tenir. Et s’il voulait gagner un jour … il aurait besoin de beaucoup d’alliés.
 
Palpi ressortit du vaisseau de commandement, qui servait aussi de base de communication ici. Un sourire s’était affiché sur les lèvres du général et cela rassura tous ceux qui assistèrent au spectacle. Cela ne pouvait qu’être bon. Et s’ils savaient. La nouvelle était plutôt bonne : c’était bien Cold en personne avec qui il avait dû parler. Et c’était ce même Seigneur Cold qui se rendait en ce moment même sur la planète pour finir lui-même le travail débuté par son fils des années plus tôt.
Mais il y avait encore plus intéressant : le Prince Kalta était du voyage.







Commentaires:

chichi12    le 07/02/2014 à 18:13
Cette fanfic est tout simplement géniale ! j'éspère vivement que vous continueré !


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