D'humains à cyborgs

Selection du chapitre:



Démon


Les deux enfants fuyaient. Ils fuyaient leur maison, l’endroit où leurs parents venaient d’être froidement assassinés par un monstre aux allures démoniaques. Leur père avait pourtant été sacré champion du monde des arts martiaux pour la deuxième fois huit ans auparavant. Mais il n’avait strictement rien pu faire.
 
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Comme il en avait coutume quand la météo le permettait, leur père les entraînait dans le jardin, une grande pelouse entourée d'arbres fruitiers et de fleurs diverses, ponctué ça et là de petits espaces couverts de pierres blanches et lisses. Dans sa robe à fleurs légère, leur mère les observait, souriante, replaçant derrière son oreille, une des mèches de sa longue chevelure ébène retenue partiellement en chignon. Elle appréciait ces moments, les moments où son mari transmettait sa passion des arts martiaux à ses enfants. Il espérait les inscrire au championnat du monde quand ils seraient en âge. Ils étaient déjà plutôt doués. Il leur enseignait le kurumisenryu, sa propre école de combat, dans cette campagne montagnarde où s'isolait leur petite maison ronde avec en annexe, un dôjô dont la structure était en bois, mais les murs en une espèce de tissu blanc.
 
Ses longs cheveux blonds attachés en une simple queue de cheval, dans un gi au haut blanc et au bas rouge, retenu par une ceinture noire, il montrait des mouvements de son art à ses enfants. La jeune femme riait légèrement en observant sa fille imiter son père. Elle avait l'impression de regarder une version miniature et féminine de son mari, la petite allant jusqu'à imiter sa coiffure. Le frère de celle-ci avait en revanche hérité de la chevelure sombre de sa mère, bien que coupée courte. Son regard, cependant était le même que celui de son père et de sa soeur, un regard en amande reflétant la couleur du ciel de cette magnifique journée.
 
C’est à ce moment qu’il apparut. Il arriva du ciel. Toute la famille était éberluée devant cet étrange visiteur. Il avait une peau écailleuse et verte, flanqué sur le dos de grandes ailes de chauve-souris, une crête sur la tête, les oreilles pointues, torse nu et un regard cruel.
 
Le père se reprit vite et interpella l'individu d’une voix ferme : « Qui êtes-vous ? Et que faites-vous chez moi ? Partez immédiatement si vous ne voulez pas d’ennuis ! » La seule réponse du nouveau venu fut : « Je suis venu te tuer. » L’homme à qui la menace était adressée passa d’un air surpris à un air narquois : « Keuf ! Tu ignores à qui tu as à faire ! »
 
Cependant l’autre se contenta de sourire cruellement. Il apparut soudainement derrière sa proie, celle-ci eut juste le temps d'éviter un coup qui visait sa nuque. Le combattant s’éloigna alors de son adversaire.
« Oh ! Tu te débrouilles pas mal ! » ricana la créature.
« C’est plutôt moi qui t’ai sous-estimé, on dirait… Puis-je savoir pourquoi tu veux me tuer ?
- Niiih ! Disons que je suis chargé de tuer tous les experts en arts martiaux.
- Comment ? »
 
Mais déjà l’assaillant se précipita sur l’homme, ce dernier esquiva encore de justesse l’attaque que son adversaire s’apprêtait à lui asséner. Il riposta en tentant un coup de pied, mais le monstre le saisit à la jambe et lui frappa la colonne vertébrale, le mettant ainsi à terre. L’ex-champion cracha du sang et gémit en se tenant le dos. Sa famille poussa un hurlement horrifié. Les deux enfants se lancèrent alors furieusement sur le démon : « Papa ! Salaud ! ! » Mais celui-ci les repoussa d’un revers de la main : « Dégagez les mioches ! » Leur père, hors de lui, se releva et parvint à infliger un coup à son ennemi qui se retrouva projeté au sol : « Ne touche pas à mes enfants ! !
- Sale insecte ! Comment un être inférieur comme toi peut-il oser lever la main sur moi ? ! Crève ! »
 
Il ouvrit alors la bouche et une sorte de rayon lumineux en sortit, transperçant de part en part le fondateur du kurumisenryu. Ce dernier s’écroula à terre, une marre de sang sous son corps. Il était mort. Les deux enfants étaient paralysés, encore étendus sur le sol. Incapables de faire autre chose que de fixer le cadavre de leur père gisant juste devant eux. Le rayon était passé à quelques centimètres au-dessus d’eux. L’assassin les regarda avec un rictus sadique : « Alors les têtards, on ne fait plus les malins ? »
 
Ils étaient totalement désemparés et ne purent que répondre par des bégaiements inaudibles. Le meurtrier se détourna alors des enfants, sortit un tas de papiers de son pantalon, en déposa un sur le corps de leur père, en déchira un autre, puis regardant le tas, marmonna : « Hmm… Voyons… Le sixième sera… Giran ! » Il s’envola et disparut.
 
Les deux enfants restèrent encore un long moment à terre, tétanisés, incrédules de ce qui venait de se passer. Non, leur père ne pouvait pas s’être fait tuer ! Ils étaient tellement choqués qu’ils ne réalisèrent pas tout de suite qu’il était anormal qu’ils n’entendissent plus leur mère. Ce fut la fillette qui revint à la réalité en premier, elle regarda par-dessus son épaule et vit sa mère gisant sur le gazon du jardin. Du sang coulait aussi autour de celle-ci. Le rayon qui les avait seulement frôlés n’avait en revanche pas manqué leur mère. Cependant, la petite fille se trouvait dans un tel état mental qu’elle resta apathique. Elle se leva, attirant l'attention de son jumeau qui sortit ainsi de son engourdissement. Elle avait la tête tournée en direction de sa mère, ce qui attira aussi le regard du petit garçon. D’abord stupéfait, il se mit soudain à hurler. Il recula alors, toujours à terre, il se heurta au corps de son père. À ce moment, il éclata tout à fait en sanglot, se leva et courut hors de la propriété. La fillette encore dans un état second, réalisa tout à coup que son frère quittait la maison et qu’elle allait se retrouver seule. Elle se mit donc à le poursuivre, pas seulement parce que son frère était le dernier proche qui lui restait, mais aussi car elle voulait fuir cet endroit, fuir le bouillonnement de panique qui commençait à chasser sa torpeur.
 
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Ils couraient donc depuis un moment, à travers des champs fleuris, sous un ciel toujours aussi bleu et sans nuages. Mais pour aller où ? Leur maison était isolée et la prochaine habitation était à des kilomètres. Ils résidaient dans une montagne peu peuplée. Finalement fatigués, ils s’arrêtèrent lorsqu'ils atteignirent l'une des nombreuses forêts de bambous qui entouraient leur domicile. Le garçon pleurait toutes les larmes de son corps. La petite fille était complètement dans le vague.
 
Ces enfants arrivaient à leur dixième année. Ce n’étaient évidemment pas de vrais jumeaux, mais ils se ressemblaient énormément physiquement. Ils avaient tous les deux les traits fins et des yeux perçants d’un bleu cristallin. Seuls leurs cheveux se distinguaient, alors que ceux du jeune garçon étaient aussi noirs que de l’ébène et coupés ras, ceux de la jeune fille brillaient d’un blond doré, attachés en queue de cheval. En revanche, ils différaient beaucoup de caractère. Lui était plutôt extraverti et bavard, alors qu'elle était plus calme et difficile à cerner. Cependant ils étaient tous deux mûrs pour leur âge, mais leur maturité ne les avait bien entendu pas préparés à affronter une telle épreuve.
 
Il y eut un long moment de silence, pendant lequel les deux enfants soufflaient. Aucun des deux ne regardait l’autre. Le garçon cessa de sangloter, mais il avait encore les larmes aux yeux, tandis que la fille gardait son air absent.
« Mâ… Mâron, dis-moi que ça ne s’est pas passé ?
- Si, nos parents ont bien été assassinés sous nos yeux, Hazel. » Celui-ci fut horrifié par la froideur de la voix de sa sœur.
« Mais… Mais c’est impossible ! Notre père a été deux fois champion du monde !
- Et pourtant, c’est arrivé… »
Pendant un instant Hazel oublia ses parents. Mâron l’inquiétait. Complètement hagarde, elle donnait l’impression de ne rien ressentir. Elle avait le regard complètement vide. Et malgré que ce soit elle qui tenait le discours le plus sensé, elle semblait complètement déconnectée de la réalité.
« Mâron, tu…
- Retournons là-bas… »
Le garçon se figea : « Tu… Tu veux retourner là-bas… ?
- Et que veux-tu faire d’autre ? Aller voir la police ? Tu crois qu’ils croiront des enfants qui leur diront qu’un démon venu du ciel a assassiné leurs parents avec un rayon lumineux sortant de sa bouche ? De toute façon le prochain lieu habité est à des kilomètres. »
 
Il fut pétrifié par les paroles de sa sœur. Mais elle avait déjà commencé à marcher en direction de leur maison. Hazel n’eut d’autre choix que de la suivre. Durant tout le trajet ils n’échangèrent pas un mot. Mâron ne lança pas même un coup d'oeil à son frère. Ce silence et cette inexpressivité ne semblaient pas naturels et cela inquiétait grandement le garçonnet. Elle ressemblait énormément à leur père, tout comme celui-ci, il avait toujours été difficile de deviner ses pensées et elle n’avait jamais été très expansive. Mais à ce point là et dans de telles circonstances ! Chaque fois qu’il plongeait ses yeux dans son regard, il n’y voyait que du vide, un vide effrayant. Malgré son désir de sortir sa sœur de ce néant, il n’osait lui parler. Il était terrifié à l’idée d’entendre à nouveau la voix glaciale et sans émotions de Mâron.
 
Hazel avait cependant retrouvé un calme relatif, tout du moins ne sanglotait-il plus depuis un moment. Mais à mesure qu’ils s’approchaient de là-bas, une foule d’émotions l’envahissait et son esprit s’embrouillait. Il pensait aux cadavres de ses parents baignant dans leurs sangs. Il ne parvenait pas à se débarrasser de ces images auxquelles se juxtaposaient d’autres souvenirs, ceux de la journée avant son arrivée. Le réveil, le petit déjeuner, le sourire de sa mère, l’air inébranlable de son père, une émission télé, l’entraînement avec son père, la pause pour le déjeuner, la reprise de l’entraînement, l’arrivée de l’inconnu, l’assassinat de ses parents, la fuite, le regard vide de Mâron ; tout se mélangeait dans son esprit. Plus ça allait, plus cela lui semblait irréel. Tous ces événements ne pouvaient avoir eu lieu dans la même journée ! Il se sentait aspiré par le néant dans lequel se trouvait déjà sa sœur.
 
Ils finirent par arriver. Mâron entra la première, son frère paraissait comme paralysé. Étrange, elle avait voulu échapper à ce lieu, et pourtant elle avait finalement décidé de revenir d’elle-même. Plus elle avait mis de distance entre elle et sa maison, plus elle avait senti sa panique muette se transformer en un néant indéfinissable. Une fois que son frère, le dernier être, non, la dernière chose à qui elle pouvait se raccrocher au moment de leur fuite, s’était arrêté, elle se rendit compte que s'éloigner de ses parents en le suivant ne faisait qu’amplifier cette sensation de vide. Même si ça devait la déchirer, la seule chose qu’elle pouvait faire pour ne pas sombrer dans ce noir absolu, était de retourner là d’où elle venait et d’affronter cette réalité.
 
Elle entra donc dans le jardin. Elle observa les corps de ses parents. Elle regarda les expressions figées sur leurs visages. Leurs deux parents avaient des yeux aussi cristallins qu'eux, mais ceux de leur mère étaient moins perçants et tirant plus vers le vert. Ils avaient hérités de ses traits fins, mais pas de son teint légèrement bronzé. Leur père avait un physique à l'opposé, imposant, mais leur avait transmis son teint pâle et son regard. Mâron sentit quelque chose de chaud sur son visage et ses yeux s’embuèrent. Elle toucha une de ses joues, des larmes. Enfin elle pleurait. Elle sentit ce vide éclater et laisser place à une douleur vive. Elle s’écroula sur ses genoux et se mit à verser un flot de larmes silencieusement. Soudain, elle sentit une main sur son épaule. Son frère. Il n’y avait plus cette terreur dans ses yeux, juste une infinie tristesse. Étrangement, sans qu’elle puisse se l’expliquer, elle crut y apercevoir aussi une sorte de soulagement. Il s'assit alors derrière elle, pendant qu'elle pleurait sans un bruit. Ils restèrent ainsi un long moment. Puis Mâron, toujours les larmes aux yeux, se leva et dit : « Nous devons les enterrer et leur faire une sépulture digne de ce nom. Nous leur devons bien ça. » Hazel ne répondit d'abord rien, mais finit par acquiescer silencieusement.
 
Mâron essuya ses larmes, se leva, se dirigea vers la cabane du jardin, y pénétra et en ressortit avec deux pelles. Le frère et la sœur se regardèrent mutuellement, ils ne dirent pas un mot, mais chacun comprit. Ils décidèrent que sous le peuplier du jardin était le meilleur endroit pour les sépultures de leurs parents. Silencieusement, les deux enfants se mirent à creuser. Aucun des deux ne sembla s'apercevoir de l'affreuse étrangeté de la situation. Ils creusaient des tombes pour leurs propres parents dans un coin de leur jardin. Ils ne pouvaient procéder à tout ce qu'une cérémonie mortuaire aurait exigé. De plus, qu'allaient-ils faire ensuite ? Continuer à vivre dans cette maison, avec leurs parents enterrés dans le jardin ? Partir ? Mais où ? Et qu'adviendrait-il ensuite de la maison et de leurs parents ? Mais ce dernier hommage aux personnes qui les avaient élevés, était probablement la seule chose qu'ils pouvaient faire, même si la situation était sordide. Malgré leur jeune âge, la force développée durant l'entraînement qu'ils suivaient avec leur père leur permit de creuser les tombes sans trop de peine.
 
Une fois leurs deux parents mis en terre, les enfants tentèrent tant bien que mal de faire une cérémonie conforme à ce qu'ils avaient vu lors de la mort de leur grand-mère deux ans plus tôt. Ils gravèrent les noms de leurs parents sur des stèles improvisées avec des morceaux du plancher du dôjô, ils les enfoncèrent dans le sol au-dessus du tumulus. Nato. Dona. Des inscriptions modestes. Puis ils plantèrent deux bâtons d'encens dans un bol rempli de sable pour chacun des deux défunts. Ils se recueillirent un long moment, mais sans faire de prières. Les deux enfants n'échangèrent pas un mot durant tout ce temps. Après cela, ils cessèrent même tout contact visuel, chacun d'eux restant prostré dans un coin de la maison tout le reste de la journée. Ils auraient été insondables pour toute personne qui serait venue. Ils finirent par s'endormir chacun dans son coin.
 
Deux jours s'écoulèrent sous un temps frais, mais agréable, seuls quelques gros nuages blancs traversaient parfois le ciel bleu, une petite brise soufflait par moment. Le frère et la sœur restèrent dans cette maison, silencieux, se lançant uniquement des regards de temps à autre. Le silence aurait été pesant pour n'importe qui. Eux ne ressentaient pas le besoin de se parler, mais la présence de l'autre les rassurait. Ils erraient dans la maison, vacant à des occupations sans importance. Parfois, l'un des deux se figeait à un endroit de la demeure et restait les yeux perdus dans le vague, se remémorant un quelconque souvenir, mais aucun d'eux ne versa plus une larme. Ils portaient toujours les mêmes kimono.
 
Au bout de ces deux jours le ciel s'assombrit soudainement et inexplicablement. Il était parfaitement noir. Pourtant il faisait plein jour et il n'y avait que quelques nuages dans le ciel. Par ailleurs, même s'il avait fait nuit, de telles ténèbres seraient restées incompréhensibles. Pour la première fois depuis longtemps les deux enfants eurent une expression sur leur visage, la stupeur. Ils se précipitèrent à l'extérieur pour mieux voir ce qui se passait.
 
Hazel brisa le silence de deux jours : « Qu'est-ce… Qu'est-ce qu'il se passe ? »
Mâron resta interdite. Après les terribles événements de deux jours auparavant, les deux enfants n'y voyaient pas un signe de très bonne augure. Ils se demandaient si le démon assassin de leurs parents n'y était pas pour quelque chose. Le meurtre de leur père n'était-il qu'un prélude à une invasion démoniaque ? Soudain le ciel redevint clair comme il était devenu sombre. Les deux jumeaux n'y comprenaient rien. Ils se regardèrent d'un air inquiet. Quand soudain Hazel remarqua que les yeux de sa sœur s'étaient figés au-dessus de son épaule. Il se retourna alors et vit quelque chose qui le mit dans le même état que Mâron. Les tumulus bougeaient comme si quelque chose les poussait depuis le dessous. Tout à coup un bras sortit du sol, puis un autre, et leurs deux parents se dressèrent, hagards.
 
Ils étaient assis encore à moitié couverts de terre et terriblement sales, mais aucune trace de blessures, si ce n'étaient leurs vêtements encore maculés de sang. Les deux adultes se regardèrent, interloqués. Le père dit alors : « Nous… Nous n'étions pas…
- … Morts ? » la phrase fut terminée par le mari et la femme en même temps.
Puis leurs yeux se portèrent sur leurs deux enfants, encore paralysés et tout tremblants. Ils se fixaient les uns les autres, incrédules, incapables de faire ou de dire quoi que ce soit.
La mère coupa le silence : « Ha… Hazel ? Mâron ? »
Ces derniers se figèrent encore plus. Leurs deux parents se levèrent de leur tombe improvisée, titubants. Mâron balbutia alors : « Ma… Maman ? Papa ? Vous… Vous êtes vivants ? »
 
Ceux à qui la question s'adressait restèrent un moment bouche bée, ne comprenant pas ce qu'il se passait, eux non plus. Ils ignoraient eux-mêmes s'ils étaient vivants ou s'ils avaient jamais été morts. L'endroit dont ils revenaient avait été si horrible… Ils avaient erré en un espace complètement indéfinissable, seules la souffrance et la terreur pouvaient qualifier ce néant dans lequel ils s'étaient retrouvés. Mais ce lieu cauchemardesque, où ils avaient l'impression d'être restés une éternité, semblait si réel, qu'ils s'en demandaient si ce n'était pas ce monde-ci qui était une illusion. Finalement, encore hésitante, la mère répondit : « Oui… Oui, je crois… »
 
Des larmes de joie commencèrent à couler le long des joues des deux enfants. Ils se précipitèrent alors sur leurs parents, en criant leur joie. Ils s'agrippèrent alors de toutes leurs forces aux miraculés, éclatant en sanglot. Les deux adultes les prirent dans leurs bras. Mais la joie qu'ils ressentaient à présent ne parvenait pas à effacer totalement le sentiment de terreur oppressante qu'ils avaient ressentie durant les jours où ils étaient morts et avaient affronté les pires calvaires…
 
Mâron et Hazel se mirent à poser tout un tas de questions à leurs parents sur ce qui s'était passé durant leur mort, mais ils n'obtinrent qu'un silence inquiétant comme réponse à chacune de leurs interrogations. À bout de nerf, le père finit par leur hurler avec une colère dans la voix que les enfants ne lui connaissaient pas : « Ça suffit avec votre interrogatoire ! Je ne veux plus en entendre parler ! Vous avez entendu ? ! Plus jamais nous ne reparlerons de cette histoire ! » Les jumeaux en eurent un mouvement de recul. Ils regardèrent leur mère qui restait étrangement murée dans son silence. Ils se turent alors.
 
Ils rentrèrent dans la maison, mais au lieu de fêter le miracle qui avait eu lieu, les parents s'enfermèrent dans leur mutisme, et les enfants circonspects en firent alors de même. Ce ne fut qu'au moment ils allaient se coucher que leur mère les arrêta. Les enfants se retournèrent, attendant qu'elle parle ou fasse quelque chose. Elle se tint un moment immobile devant eux, le visage bouleversé. Soudainement, elle s'agenouilla et les prit dans ses bras, elle leur murmura : « Je… Je suis tellement heureuse de vous retrouver… »
 
Elle se mit alors à pleurer. Ses enfants aussi. Mais pendant que les trois pleuraient silencieusement, le père les regardait sans dire un mot, avec sur le visage une expression que sa fille et son fils auraient été bien en peine de décrypter.
 
Quelques jours plus tard, ils apprirent que le Démon Piccolo s'était intronisé roi du monde, mais que le même jour un petit garçon inconnu l'avait vaincu et que le démon avait disparu en même temps que Naka no Miyako, qui avait, paraît-il, été complètement rasée. Chacun des membres de la famille fit le rapprochement avec ce qui s'était passé chez eux, sans toutefois en être sûr. Cependant ils n'en parlèrent pas entre eux, ces événements étant en quelque sorte devenus tabou.
 
Les jours passant, les choses semblaient revenir à la normale. Chacun d'eux faisait ce qu'il avait coutume de faire. Nato poursuivit l'entraînement des enfants. Dona continua leur enseignement, en effet elle avait pris ce rôle d'institutrice car, se trouvant loin de tout, le couple avait jugé préférable de faire leur scolarité à domicile. La famille reprit le cours normal de sa vie. Cependant, les choses avaient insidieusement changé. Tout le monde le sentait, mais on s'efforçait de faire comme si tout allait bien. Quelques semaines plus tard, ils vendirent la maison et déménagèrent dans la grande ville du nord, Kita no Miyako.







Commentaires:

Dr_Leon_Soldier    le 19/04/2012 à 23:52
J'ai vraiment adoré cette fic au moment même où je l'ai commencée.Pour moi, cette fic fait même partie de mon canon Dragon Ball. Elle a carrément forgé certaines de mes opinions sur les cyborgs.

Cette fic est géniale! :D

San999    le 20/04/2012 à 00:24
Je te remercie pour le commentaire! Cela me fait plaisir que tu places ma fic en si haute estime! Merci! :D


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