Cold Family's Chronicles - Tome II

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Sans dessus dessous


Dans un des nombreux couloirs du vaisseau amiral rebelle, la fille de Bulma était installée sur un banc de métal de la même couleur que les murs. Machinalement, elle avait posé ses coudes sur ses genoux et glissé son crâne contre ses paumes, se massant les tempes en douceur. Elle avait perçu depuis longtemps que quelqu’un approchait et avait même reconnu cette force avec précision. Persée ne portait pas son armure lorsqu’elle s’assit à côté d’elle.
-Gamine, commença-t-elle d’un ton doux. Tu es sans doute celle de nous tous qui doit s’en vouloir le moins pour ce qui s’est passé.
Avec un reniflement, la Saiyenne redressa le nez, plantant son regard bleuté dans celui, sombre, de l’ex-chasseuse de primes.
-Comment cela ? Je suis la plus puissante du groupe.
-Et la plus jeune, ajouta aussitôt Persée. Sans vouloir te vexer, tu es loin d’être aussi expérimentée que nous, et tu es encore plus loin que cela d’avoir la moitié du sens stratégique d’Ades.
Bra se permit de répondre par un pauvre sourire à la moquerie manifeste de son amie.
-Nous avons tous décidé de prendre notre temps pour obtenir des informations, continua cette dernière. Eremar et Azreal étaient parfaitement conscient que ce serait un risque si la fusion devait se terminer. Tu n’aurais rien pu faire pour les protéger.
La gorge de la jeune femme se serra quand elle répondit.
-Si, j’aurais pu me débarrasser du Guédester avant.
La réponse lui vient beaucoup plus brutalement que prévu, sous la forme d’une baffe assénée derrière la tête. Surprise, elle ne put qu’encaisser le coup et n’osa pas réagir immédiatement.
-Imbécile, exposa Persée d’une voix sèche. Tu ne peux pas toujours tout prévoir, on aurait dut t’apprendre depuis longtemps qu’un combat n’est jamais gagné d’avance. Ades t’as trop mis dans la tête qu’on pouvait prévoir les choses.
Comme pour compenser la violence de son geste précédent, Persée déposa une douce caresse sur la joue de la jeune femme, effaçant des traces de larmes de son pouce.
-Tu t’es bien battue, cela aurait pu être bien pire crois-moi.
Encore un peu sous le choc, Bra hésita un moment avant de demander d’une petite voix.
-On dirait … que ça ne te fais rien.
Persée eu un maigre sourire.
-Quand on vit aussi longtemps que moi, on apprend à relativiser. Azreal était un mec bien et il est mort pour ses convictions, en affrontant un monstre qui pourrait sans doute détruire la galaxie, et en nous permettant de trouver un moyen de le vaincre. Je pense qu’il peut être fier de lui. Et tu ne devrais pas te morfondre ainsi pour cela.
La semi-saiyenne resta un long moment interloqué, avant de baisser de nouveau la tête, se sentant presque plus honteuse maintenant qu’à l’arrivée de son amie.
-Merci, prononça-t-elle tout bas.
L’ancienne chasseuse de prime afficha un petit sourire, le perdant rapidement en semblant se souvenir qu’elle n’était pas venue pour cela.
-Au fait, ils veulent te voir en salle de réunion, je crois qu’ils veulent ton avis.
Bra se redressa aussitôt, comprenant qu’elle parlait des instances dirigeantes rebelles, dont sa mère faisait partie, qui avaient été réunies en urgence dès leur retour pour discuter de la possible alliance avec l’Empire pour se débarrasser du Guédester.
-J’y vais tout de suite.
-C’est ça, gamine, répondit Persée en lui tapotant l’épaule. Et essaie de te montrer un peu plus convaincante que tu ne viens de le faire.
La fille de Bulma resta un instant figé avant d’entendre le ricanement moqueur de son amie, elle lui sourit en retour et se mit aussitôt en marche, accélérant au fur et à mesure pour ne pas être en retard.
 
Elle débarqua en salle de réunion quelques instants plus tard, surprise par le nombre d’écran allumé qui remplaçaient les véritables intervenants. Mais après réflexion, ce n’était pas étonnant, Ades avait demandé de faire cela au plus tôt et cela aurait pris trop de temps de faire venir chacun des dirigeants, l’écran était un peu moins sécurisé mais bien plus pratique.
-Ah, vous voilà jeune fille. Nous vous attendions. Installez-vous, je vous prie, l’accueillit Madri en lui désignant une chaise juste à côté de sa mère.
La Saiyenne s’y installa aussitôt, n’ayant même pas le temps d’ouvrir la bouche que déjà, une femme prit la parole. De petite taille et à la peau rouge, elle s’était rapidement imposée dans leur rang par son sens pratique de la stratégie.
-N’y allons pas par quatre chemin. Vous êtes celle qui a côtoyé le plus près le fils de Freezer et vous avez même survécu à une alliance avec lui, vous êtes donc la plus à même de nous dire si cela vaut le coup ou non.
Tout le monde acquiesça rapidement, se tournant dans un même mouvement  vers la jeune fille. Seul Ades resta immobile, ses yeux vairons déjà plantés dans le regard de Bra, sans expression particulière, il semblait attendre. Après un moment de réflexion, la fille de Bulma déglutit et débuta doucement.
-Kalta avait promis de me laisser partir après la victoire contre Cell et il l’a fait, alors qu’ils étaient largement en mesure de me tuer immédiatement. Certes, il a dit qu’il voulait m’affronter à nouveau, mais je pense qu’il applique le même raisonnement ici : d’abord s’occuper du Guédester.
Un froid certain régna un instant dans la salle, personne ne prenait à la légère cette possible alliance, et il semblerait que beaucoup la craigne.
-Et Cold ? On n’a aucune idée de la manière dont  il pourrait y réagir, je parie qu’il nous trahira à la moindre occasion une fois le Guédester amoché, commença quelqu’un.
-C’est probable en effet, acheva Ades d’un ton calme. La question est alors de savoir si Kalta peut avoir un certain contrôle sur les actions de son grand-père. Je ne me trompe pas en affirmant qu’il a empêché sa mère de te tuer, à l’époque, n’est-ce pas, Bra ?
La jeune fille acquiesça aussitôt mais la remarque finit naître plusieurs contestations dans la salle, essentiellement venant des écrans.
-C’est un trop gros risque. On ne peut pas tout perdre à cause de ce Guédester, tant d’efforts réduits à néant ?!
-Il a raison ! Cold nous tuera à coup sûr si on ne fait que lui tourner le dos !
-La machine nous a bien montré qu’elle était loin d’être négligeable, on doit le faire.
Bra vit très bien le regard d’Ades passer sur chaque intervenant, chaque fois qu’ils ouvraient la bouche. Malgré le brouhaha ambiant, il arrivait parfaitement à intégrer et comprendre les opinions de chacun. Il laissa encore ses collègues parler quelques instants, jusqu’à les couper brusquement, d’une voix glacée et autoritaire.
-Silence !
Tout le monde se tut en quelques secondes, se tournant vers Ades, mais ce ne fut étonnamment pas lui qui prit la parole ensuite.
-Nous ne pouvons pas prendre le risque de précipiter la Galaxie dans le chaos sous prétexte de prudence, commença Bra. Peu important la fourberie de Cold, il faut déjà éliminer la menace représentée par le Guédester qui, nous l’avons vu, est de loin plus dangereux que l’Empire. On ne doit pas se soucier de nous mais bien de toutes les planètes qui pourraient tomber sous le joug de cette machine.
Là encore, le silence tomba durement pour la salle, honteux pour certains. Une seule personne semblait infiniment fière autour de la table et il s’agissait de Bulma.
-Je suis d’accord avec elle, poursuivit Ades. Aussi désagréable que cela me semble être, et je sais que je ne suis pas le seul, j’ai vu à quel point ce Guédester pouvait être puissant. Une dizaine de guerrier comme lui signeraient déjà la fin de la galaxie, si nous l’affrontions seuls. Alors, nous aurons besoin de toute l’aide disponible, même si cette aide est impériale.
Après un long moment que tout le monde passa à acquiescer, ce fut Dala qui se chargea de clore le débat.
-Nous sommes donc d’accord, nous retrouverons le Prince demain. Préparons-nous à bien le recevoir.
 
Une perle blanche perdue en plein milieu de l’espace. C’était ce qu’évoquai le pod immobile au-dessus de la planète Cold 351. Il y avait bien une forme de vie à l’intérieur et Ades savait exactement de qui il s’agissait, à moins que le Prince ne les ai déjà trahi. C’est en envisageant cette possibilité qu’il avait emmené un vaisseau de moindre importance ici et qu’il avait préparé les navettes de sauvetage.
-Le canal est ouvert, monsieur, l’informa un technicien.
Après un rapide signe de la tête reconnaissant, Ades appuya sur le bouton présenté devant lui et parla dans le micro.
-Nous sommes prêts à vous recevoir.
-Bien, je vous attendais, répondit la voix de Kalta.
C’était déjà pas mal, au moins il répondait même si la machination restait parfaitement envisageable.
-Nous allons ouvrir les calles et guider votre vaisseau, si vous voulez.
-Non, ouvrez les calles, cela me suffira.
Ades haussa un sourcil mais donna l’ordre. Son regard était toujours fixé sur la perle blanche quand celle-ci s’ouvrit, laissant paraître un être de petite taille, parfaitement blanc, engoncé dans une armure sombre. Il lévita tranquillement dans le vide de l’espace, sans effort particulier, se dirigeant vers les calles qui commençait à s’ouvrir. Démonstration classique de force, songea le stratège avec un petit sourire, et cela lui permettait de mettre son vaisseau hors d’atteinte des techniciens ennemis et des mouchards.
Sans faire de commentaires, il se leva et alla rejoindre Bra et son groupe, qui attendaient déjà derrière la vitre qui donnait sur la calle. Celle-ci avait été vidée de son air et présentait les même conditions que l’espace environnant, mais Kalta rentra dedans sans le moindre problème, attendant que la porte se referme. Il y eu un long chuintement, le temps que la température et la pression reviennent à un niveau acceptable, ce qui ne fit pas bouger le Prince. Seule sa cape s’agita légèrement quand l’air revient dans le compartiment.
-Voici donc ce fameux Prince, prononça un vieux matou dans un coin.
Chacun se tourna lentement vers Maître Karine, dont le regard inexpressif mais doux était posé sur le Nihilien.
-Il est loin d’être aussi maléfique que son père, ajouta-t-il soudain.
-A quel point ? Demanda Bra.
-Difficile à dire.
La jeune fille aurait juré apercevoir un petit sourire sur le visage du félin mais c’était tellement difficile à percevoir chez lui qu’elle ne se hasarderait pas à en être sûre.







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